Soleil sur les résultats SAP mais les nuages inquiètent l’USF
SAP a publié des résultats montrant sa performance économique mais l’USF souligne les difficultés persistantes sur le Cloud sans oublier l’IA.
Comme attendu, les résultats de SAP pour l’année 2025 sont excellents, ce qui confirme la place particulière de cet éditeur parmi les fournisseurs d’origine européenne. SAP est en effet le seul prestataire IT européen à avoir atteint, au niveau mondial, une telle importance sans être racheté par un acteur américain. Cependant, l’USF (association des Utilisateurs SAP Francophones), qui représente 450 entreprises (75 % du CAC40, 66 % du SBF120) et administrations pour plus de 3800 personnes physiques, soulève tout de même quelques inquiétudes qui ne sont pas neuves. L’évolution vers le Cloud continue d’inquiéter les clients historiques de l’éditeur allemand. L’association « souligne toutefois la nécessité impérieuse de faire des choix clairs et structurants sur les enjeux de compétences, de cloud de confiance et de souveraineté numérique en Europe, comme réclamé par une grande partie des adhérents de l’USF. »
Même si certains prestataires et éditeurs ont parfois tendance à l’oublier, l’USF rappelle que les succès de SAP sont liés aux projets menés par les clients de l’éditeur. En particulier, les bons résultats de SAP dans le Cloud (+23 %, +26 % à taux constant) montrent bien que la bascule s’opère progressivement chez les clients historiques de l’éditeur. Comme beaucoup d’éditeurs, y compris SaaS, SAP a fortement accru la place de l’IA dans ses produits. Ce choix provoque une inquiétude chez les clients car les compétences nécessaires pour tirer réellement parti de ces nouvelles fonctionnalités ne sont pas nécessairement disponibles sur le marché tandis que la facture associée à ces fonctionnalités est, elle, bien là. Et il ne saurait être question pour les clients de SAP de se rendre dépendants de quelques prestataires extra-européens.
Des nuages sur la maîtrise IT
Mais le sujet de la maîtrise IT est surtout sensible lorsque l’on parle de Cloud. Contrairement aux vœux de la France, l’Union Européenne n’a pas inclus l’immunité aux lois extraterritoriales dans le schéma de certification EUCS. L’USF craint que cet échec français se traduise par un moindre effort de SAP en matière de Cloud de confiance alors même que l’éditeur commençait à se saisir du sujet avec un investissement annoncé de plus de 20 milliards d’euros. L’USF a donc décidé de lancer un groupe de travail dédié à cette question en janvier 2026 avec, déjà, plus d’une cinquantaine de membres. « Piloté par Vincent Bereziat (Direction Générale de la Gendarmerie Nationale), Delphine Domecq (Enedis) et François Labrousse (Airbus), ce groupe de travail abordera la problématique du cloud de confiance sous différents angles : résilience, sécurité, cadres juridiques, normes et gouvernance des données » indique l’association.
Gianmaria Perancin, président de l’USF et du SUGEN, a insisté : « aussi longtemps que les adhérents de l’USF exprimeront des attentes fortes en matière de souveraineté et de protection des données, l’association refusera tout compromis à la baisse fondé sur le cadre actuel de l’EUCS ». Le SUGEN, réseau mondial des dirigeants de clubs d’utilisateurs SAP, n’inclut pas le DSAG, le club allemand, le plus important de tous. Pour l’USF, une position européenne commune est cependant nécessaire pour faire avancer le sujet. L’USF annonce également vouloir travailler avec le Cigref sur cette même question.
En savoir plus
- Sur le site de SAP : publication des résultats 2025 (Q4 et annuels).
- Site de l’USF (Association des Utilisateurs SAP Francophones).