La facturation électronique obligatoire continue de faire tousser les clients de SAP
SAP a obtenu son statut de Plateforme Agréée pour la facturation électronique obligatoire mais l’USF pointe les questions qui demeurent.
Il y a un an, SAP changeait de stratégie suite aux évolutions de la réforme de la facturation électronique obligatoire et se décidait finalement à candidater pour disposer de sa propre Plateforme Agréée (PA, anciennement PDP). Cette évolution était sans aucun doute liée aussi au fait que la même réforme est actuellement déjà en place dans plusieurs pays et sera généralisée dans l’Union Européenne dans les années à venir. L’agrément de la PA de SAP a été récemment obtenu, ce qui démontre que l’offre de l’éditeur de Walldorf est bien techniquement compatible avec les exigences de la DGFiP. Mais la Commission Finances de l’USF (association des Utilisateurs de SAP Francophones) attire malgré tout l’attention sur des difficultés et des questions persistantes.
Tout d’abord, l’association se réjouit malgré tout de cet agrément : « cet agrément marque une étape structurante dans la mise en œuvre de la réforme 2026 et confirme la capacité de SAP à répondre aux exigences d’interopérabilité définies par l’état. » De ce point de vue, il n’y avait, il est vrai, guère de doute. La mise en conformité des clients de SAP passe, s’ils utilisent la solution de SAP, par la solution baptisée DRC qui est reconnue par l’USF comme « intégrée, sécurisée, pour gérer l’ E-Invoicing, l’E-Reporting » et « plateforme déjà éprouvée à l’international » dans les pays où une réforme similaire est déjà mise en œuvre (Italie, Mexique, etc.).
Deux points encore à éclaircir
Mais il demeure des questions en suspens et la Commission Finances de l’USF pointe -c’est aussi son rôle- les faiblesses des annonces ou les points à éclaircir. Deux points en particuliers font tousser les utilisateurs SAP. Le premier concerne l’intégration de DRC avec les autres modules SAP : « malgré son statut de solution SAP, DRC ne bénéficie pas d’une intégration native simple avec l’ERP SAP. Sa mise en place repose sur des interfaces spécifiques, générant des coûts significatifs et remettant en question le modèle d’une offre initialement présentée comme compétitive. »
Le deuxième point inquiète les entreprises clientes de l’éditeur sur les délais à respecter, ceux-ci étant désormais figés et incontournables. « SAP ne s’engage pas sur des délais fermes concernant la mise à disposition complète des fonctionnalités attendues en tant que Plateforme Agréée. Cette situation interroge : la certification repose sur des tests d’interopérabilité validés mais les fonctionnalités réellement opérationnelles aujourd’hui sont peu lisibles » relève ainsi l’USF. Bien entendu, les entreprises demeurent libres de choisir une autre solution que DRC pour se mettre en conformité avec les obligations de la réforme.