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Panzani a pris son indépendance en six mois

Par Bertrand Lemaire | Le | Cas d’usage

Suite à la cession de Panzani par Ebro Foods à CVC Capital Partners, le groupe a dû organiser la séparation de son SI à base de SAP en délais contraints avec l’appui de l’intégrateur Teamwork.

Norbert Seimandi, DSI de Panzani, a témoigné à la Convention USF le 6 octobre 2022. - © Républik IT / B.L.
Norbert Seimandi, DSI de Panzani, a témoigné à la Convention USF le 6 octobre 2022. - © Républik IT / B.L.

Marque iconique de l’alimentaire, Panzani a une très longue histoire faite de multiples fusions et acquisitions. La dernière en date a entraîné un important chantier informatique de séparation (carve-out). En 2021, le groupe Ebro Foods a en effet cédé Panzani à CVC Capital Partners. Spécialiste des pâtes, de la semoule et des sauces, Panzani réalise 470 millions d’euros de chiffre d’affaires par an en vendant 417 tonnes de produits réalisés à partir de 470 tonnes de blé dur. Cette cession impliquait évidemment un accord de TSA (transitional service agreement). « Il s’agissait en fait de plusieurs accords de services croisés entre Panzani et son ancienne maison mère, notamment en informatique et en logistique » a indiqué Norbert Seimandi, DSI de Panzani. Mais la prise d’indépendance totale et donc la stricte séparation des systèmes d’information à base de SAP étaient urgentes : l’ancienne maison-mère était susceptible de devenir rapidement concurrente.

Pour réaliser ce carve-out, Panzani n’avait aucun droit à l’erreur. La demande en produits était en effet particulièrement élevée durant la crise sanitaire et toute interruption de production signifiait par conséquent une perte sèche de chiffre d’affaires. S’il fallait « sécuriser le carve-out », la situation avait, selon Norbert Seimandi, un côté positif : « nous avions la volonté de profiter de l’opération pour remettre à plat l’architecture en migrant dans le cloud, le tout sans aucun impact sur le maintien en conditions opérationnelles. »

Besoin d’un partenaire de confiance pour accompagner la migration

Une fois le carve-out achevé, il était d’ores et déjà prévu de faire évoluer le système d’information. Panzani a donc d’entrée de jeu recherché un partenaire non seulement expert de SAP et des carve-out mais aussi qui puisse être de confiance sur l’ensemble de l’évolution attendue du système d’information. Ce partenaire devait permettre la réussite du projet alors même que l’équipe de la DSI était incomplète et qu’il en résultait d’évidents manquements côté entreprise.

Le système d’information comprenait trois grosses parties à migrer. Un « gros morceau à faible valeur » était constitué par des applicatifs transverses comme la bureautique Microsoft 365 ou l’ITSM. Diverses applications métiers (RH, finances…) constituaient un deuxième bloc. Enfin, le bloc le plus complexe était évidemment constitué par l’implémentation de SAP. Celle-ci était particulière : il s’agissait d’un SAP ECC 6 avec base de données Oracle, ce qui est classique, mais en environnement HP UX sur serveurs HP avec processeurs Itanium. Or il n’existait pas sur le marché un environnement similaire en mode cloud ou même hébergé. « La migration telle quelle étant impossible, nous avons donc décidé d’associer à notre carve-out une migration vers ECC 6 /Hana dans le cloud Microsoft Azure en environnement Suse Linux Enterprise sur processeurs x86 » a tranché Norbert Seimandi.

Clonage puis nettoyage pour mener la séparation

Teamwork est un partenaire habituel à la fois de Suse et de Microsoft Azure : il maîtrisait donc l’environnement technique cible. Une fois cette première migration achevée et stabilisée, la bascule de ECC 6 Hana vers S4/Hana avec l’offre « tout-en-un » Rise était d’ores et déjà anticipée. Pour Norbert Seimandi, malgré le fait qu’une partie du chantier de migration était antérieure à la bascule vers S/4, « le choix de Rise était par volonté de simplicité. » Parmi les tâches essentielles, Teamwork a notamment eu à traiter la complexe négociation contractuelle avec SAP.

Entre septembre 2021 et janvier 2022, Panzani a dû préparer le carve-out d’un point de vue essentiellement contractuel, notamment avec son ancienne maison-mère. Entre janvier 2022 et mi-juillet, celle-ci a cloné le SI commun afin que Panzani comme elle puissent utiliser « leur » version du SI sans nettoyage et en rétablissant les liens pour garantir les prestations croisées prévues, notamment en logistique. Les deux copies ont ensuite été nettoyées des données inadéquates durant l’été par l’ancienne maison-mère. A partir de mi-septembre, les deux entités ont commencé leurs tests et, au terme des accords de TSA, le 15 novembre 2022, la mise en production définitive devrait avoir lieu comme prévu.

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