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Former des experts contre le fléau des cybermenaces

Par Bertrand Lemaire | Le | Formation

Télécom SudParis veut accroître les formations d’experts en cybersécurité pour mieux protéger le pays contre les cybercriminels.

François Dellacherie, directeur de Télécom Sud Paris, veut aider à protéger contre les cybermenaces. - © Télécom Sud Paris
François Dellacherie, directeur de Télécom Sud Paris, veut aider à protéger contre les cybermenaces. - © Télécom Sud Paris

Ecole d’ingénieurs, Télécom SudParis (TSP) fait partie de l’Institut Mines-Télécom aux côtés de Télécom Paris, Mines Saint Etienne, IMT Atlantique… Depuis plus de vingt ans, elle forme des spécialistes en cybersécurité. Mais, à ce jour, en France, il existe une pénurie d’experts sur ce sujet. Si plusieurs écoles se sont récemment ouvertes, la vénérable Télécom SudParis se devait d’accroître ses efforts. Sa contribution a été rendue publique lors d’une conférence de presse le 8 décembre 2022. « Il s’agit pour nous d’aider la société à lutter contre un des pires fléaux du XXIème siècle : la cybercriminalité » a ainsi proclamé François Dellacherie, directeur de Télécom SudParis, rappelant combien les entreprises sont menacées mais aussi des vies humaines via les attaques d’hôpitaux.

Institution publique associant recherche et enseignement, Télécom SudParis insiste sur sa pédagogie par les projets pratiques. Les étudiants travaillent ainsi sur des plates-formes mises en place par les chercheurs pour les aguerrir avec l’ambition de les rendre opérationnels dès leur sortie d’école. Mais, pour former des experts en cybersécurité, encore faut-il disposer d’étudiants. L’école va donc renforcer sa promotion des métiers de la cybersécurité par la participation à des forums destinés aux lycéens. Et, pour séduire les femmes, elle entend s’appuyer sur les étudiantes actuelles et les faire témoigner.

De nouvelles formations et un renforcement de l’existant

Pour permettre à des étudiants ayant moins de moyens économiques de suivre les formations, l’école est actuellement en train de travailler sur une formation en alternance. De plus, à côté de la formation initiale, son coeur d’activité, l’école va aussi renforcer la formation continue et notamment pour proposer des modules à des responsables métiers. Le but est que ceux-là, sans devenir des experts de la lutte contre les cybercriminels, sachent avoir les bons réflexes en matière de cybersécurité dans leur exercice professionnel quotidien. En formation initiale, l’existant va être renforcé. Ainsi, l’école ambitionne de former, avec ses partenaires de Mines-Télécom bénéficiant de son savoir-faire, 10 000 spécialistes de la cybersécurité Bac+5 d’ici 2030. L’ensemble des écoles contribuant à cet effort bénéficieront de la mutualisation des modules de formation numérique et des plates-formes technologiques issues des chercheurs de Télécom SudParis.

404CTF : un exemple issu du partenariat TSP/DGSE

Le club de cybersécurité des étudiants de Télécom Sud Paris (TSP) a organisé cette année un challenge « capture the flag » [prise de drapeau], 404CTF, en s’appuyant sur plusieurs partenaires dont OVHcloud (qui a fourni les serveurs) et la DGSE. L’objectif était de récupérer des séries de données (les « flags », chacun étant une cible) sur des machines disposant de failles, cela en un minimum de temps. Le challenge a été ouvert quatre semaines et a été relevé par 2780 participants. Un seul a réussi tous les challenges.

L’opération a été renouvelée pour 2023.

L’institut revendique en effet de disposer d’équipes de chercheurs parmi les meilleures du monde. Les travaux des chercheurs portent, en ce moment, notamment sur la progression du pirate dans le système d’information depuis l’infection initiale avec l’identification de moments-clés afin de détecter les intrusions et de les bloquer plus efficacement. La collaboration de l’école avec les institutions existe depuis longtemps et se renforce : l’école est présente au conseil d’administration de l’ANSSI qui est elle-même membre du conseil d’administration de Télécom SudParis ; un partenariat a été signé avec la DGSE il y a dix-huit mois ; etc.


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Amré Abou Ali, de TSP à une start-up

Amré Abou Ali, créateur de la start-up Cybershen - © Cybershen
Amré Abou Ali, créateur de la start-up Cybershen - © Cybershen

 

Créateur de la start-up Cybershen, Amré Abou Ali est venu témoigner de son parcours. Diplômé de Télécom Sud Paris (TSP) en 2017 avec une majeure en cybersécurité, il a travaillé plusieurs fois dans le secteur de la santé : comme RSSI du dossier pharmaceutique pour le compte du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens, comme RSSI du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences… Cybershen vise à créer un environnement de travail avec une cybersécurité « zéro expertise ». Elle est surtout destinée aux professionnels de centres hospitaliers, de collectivités, de TPE/PME… et comportera notamment des contenus pédagogiques pour que les professionnels métiers puissent prendre en main leur propre cybersécurité. Le lancement est prévu en 2023.

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