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Christophe Negrier (Oracle) : « nous sommes des concepteurs de solutions »

Par Bertrand Lemaire | Le | Logiciel

Cloudification, relations clients, engagements envers les utilisateurs, accompagnement des entreprises… Oracle a une actualité riche commentée ici par Christophe Negrier, SVP EMEA South (France, Italie, Espagne, Portugal) et country manager d’Oracle France.

Christophe Negrier, country manager d’Oracle France, fait le point sur l’actualité de l’éditeur. - © Oracle
Christophe Negrier, country manager d’Oracle France, fait le point sur l’actualité de l’éditeur. - © Oracle

L’entreprise Oracle a été créée en 1977 pour éditer un SGBD-R. Au fil des rachats et des développements, son offre est aujourd’hui bien plus vaste. Quel est aujourd’hui le dynamisme des différents pans de cette offre protéiforme ?

La création d’Oracle s’est en effet faite autour d’un sujet très technologique, la base de données. Sont venues ensuite les applications jusqu’aux applicatifs métiers. Dans la transformation actuelle, tout part encore de la technologie avec une colonne vertébrale, OCI (Oracle Cloud Infrastructure). Sur ce « premier étage de la fusée » viennent s’implémenter les services et les applications, notamment en SaaS réel disponible partout dans le monde.

Clairement, les marchés les plus dynamiques, pour nous, sont ceux portés par le cloud, que ce soit OCI lui-même ou les applications qui y sont installées.

Que dites-vous à vos clients qui ne veulent pas du cloud ou de votre cloud ?

Je leur dis qu’ils ont bien fait de faire confiance à Oracle. En effet, c’est la seule entreprise technologique moderne où l’on ne dit pas aux clients « c’est le cloud ou la vie ». Nous affirmons encore et toujours que le monde est hybride et multicloud. Très clairement, une attitude telle que « c’est mon cloud ou rien » appartient au passé.

De ce fait, on peut aujourd’hui consommer du Oracle sur OCI, bien sûr, mais autant que sur un cloud privé, sur ses propres infrastructures, etc. Nous respectons les choix des clients. Et nous les aidons à se transformer comme ils le souhaitent eux, pas comme nous le voudrions. Même si, nous, nous estimons que l’avenir d’applicatifs tels que l’ERP est dans le SaaS.

Nous avons un engagement clair à accorder un support plein et entier aux clients non-cloud. Nous n’avons et n’aurons pas d’approche 100 % Oracle.

Dans le passé, cela n’a pas toujours été le cas…

Les frictions entre Oracle et son écosystème n’étaient pas liées à des fins de support mais à des questions contractuelles. Oracle est une société de technologies, d’ingénieurs, de concepteurs de solutions. Chez nous, les choix stratégiques sont importants.

Nul ne peut obtenir de résultats à long terme par la contrainte.

Que sont devenus les différents rachats d’Oracle qui ont été parfois assez éloignés de son métier d’origine, notamment avec Sun ?

Avec le rachat de Sun, nous avons acquis un savoir-faire important autour du matériel. Il existe toujours la possibilité d’acheter du Spark… même si je ne vous cache pas que c’est très marginal. OpenOffice n’était pas dans notre coeur de métier. A l’inverse, le langage Java poursuit son développement. Il y a eu deux autres héritages principaux du rachat de Sun : d’une part la technologie Hexadata, qui continue notamment dans le cloud pour permettre la consolidation des données critiques en toutes sécurité, d’autre part l’équipement de nos datacenters. Nous avons un savoir-faire de bout-en-bout sur la conception des datacenters qui nous permet, par exemple, de garantir un recyclage des serveurs à 99,6 %.

Un autre rachat important a été celui de PeopleSoft et de JD Edwards. Les produits existent toujours et poursuivent leur évolution avec une vocation on premise ou de logiciel posé dans un IaaS. Il n’est pas question de fin de vie ou de fin de support. Nous essayons d’accompagner nos clients pour les amener vers du SaaS. Mais, pour la modernisation des ERP, l’époque n’est plus aux projets en tunnel de plusieurs années. L’évolution s’opère plus module par module, y compris pour migrer de e-Business Suite ou PeopleSoft vers Fusion.

Chez d’autres éditeurs américains, la France est un marché privilégié. Est-ce aussi le cas pour Oracle ?

Oui, la France est un pays important pour Oracle. La meilleure preuve, c’est que la France est le premier pays de l’Union Européenne dans lequel nous avons installé deux datacenters. Nous y avons des fleurons comme clients. Et je suis très fier des réalisations de nos clients.

Certes la France a la réputation d’un grand conservatisme, d’une résistance maladive au changement, mais, sur de grands projets de transformation, nous avons de vrais pionniers. Je pense en particulier à Cloud@customer, une offre de technologies du cloud public dans un datacenter privé.

En Europe, la réglementation est de plus en plus importante et contraignante (RGPD, Cybersecurity Act…). Est-ce une gêne pour vous dans vos relations clients ?

Nous avons, bien sûr, des discussions importantes autour de la réglementation et des certifications, en particulier en France. Nous y avons des échanges réguliers avec l’ANSSI, la Dinum, etc. qui s’inquiètent -avec raison- des données et des applications critiques.

Mais la stratégie d’Oracle est aussi européenne. Nous mettons en place des datacenters opérés par du personnel européen, situés en Europe, avec les mêmes tarifs et conditions que nos autres autres clouds publics.

Avec les clients, ces réglementations obligent à revenir aux fondamentaux, à réfléchir sur la sécurité et la confidentialité. Nous mettons nos technologies à disposition dans un monde ouvert et hybride, donc aussi dans des datacenters privés même si nous pensons que migrer vers OCI apporte de véritables avantages.

Ces règles ne sont donc pas des sujets d’inquiétude mais nous les traitons comme un industriel responsable.


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