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Oracle reste sur son nuage

Par Bertrand Lemaire | Le | Cloud

De retour de Cloud World, la manifestation annuelle de l’éditeur à Las Vegas, Christophe Negrier, country manager Oracle France, en tire le bilan.

Christophe Negrier est SVP EMEA South (France, Italie, Espagne, Portugal) et CM France d’Oracle. - © Républik IT / B.L.
Christophe Negrier est SVP EMEA South (France, Italie, Espagne, Portugal) et CM France d’Oracle. - © Républik IT / B.L.

Le 3 novembre 2022, Christophe Negrier, senior vice-president EMEA South (France, Italie, Espagne, Portugal) et country manager France d’Oracle, a tiré avec la presse un bilan du récent Cloud World. Cette manifestation annuelle majeure de l’éditeur s’est déroulée à Las Vegas (Etats-Unis) du 16 au 20 octobre. Traditionnellement, Oracle y réalise un grand nombre d’annonces (voir ci-dessous). « Les annonces opérées donnent aux équipes Oracle plus de cartes pour accompagner les clients dans la double transformation numérique et écologique » s’est réjoui Christophe Negrier. Pour l’éditeur chantre du cloud, cette double transformation passe évidemment par l’infonuagique. Christophe Negrier a ainsi cité la mesure opérée par Bureau Veritas chez un client Oracle qui a migré une application métier du on premise au cloud : « l’impact est passé de 96 tonnes CO²/an à 3,5 ». Pour lui, une entreprise ne peut être crédible sur le marché, pertinente et capable de séduire les talents qu’en adoptant cette logique de double transformation.

Les annonces de Cloud World s’appuient sur deux convictions : d’une part il reste indispensable d’innover techniquement, d’autre part les SI des clients sont et resteront hybrides et multi-cloud. A plusieurs reprises, Christophe Negrier a insisté sur la capacité d’Oracle de, certes, proposer ses solutions cloud opérées par lui-même mais aussi de les proposer sur des plates-formes partenaires voire de transférer les licences on premise dans le cloud. La fureur des clients au sujet du licencing inapproprié sur des clouds non-opérés par Oracle ne serait donc plus ni justifiée ni d’actualité. De la même façon, Christophe Negrier a confirmé que, la nature du cloud étant la flexibilité, si une entreprise voit ses besoins en nombre d’utilisateurs baisser, cela ne pose aucun problème. A un petit détail près : si une remise sur quantité avait été accordée, cette remise peut évidemment être réduite ou supprimée si la quantité nécessaire n’est plus présente.

Une offre construite sur des bases technologiques solides

Les applications Oracle dans le cloud sont de vrais SaaS, avec des évolutions fonctionnelles tous les trois mois, pas du On Premise posé sur du IaaS avec de la maintenance

Oracle a également une stratégie d’adapter ses offres aux différentes situations de ses clients. L’éditeur dispose ainsi de 44 régions Cloud afin de permettre à ses clients de disposer sur le territoire conforme à leurs exigences de l’ensemble de l’offre, le cas échéant verticalisée (en particulier dans des secteurs comme la santé). « Les applications Oracle dans le cloud sont de vrais SaaS, avec des évolutions fonctionnelles tous les trois mois, pas du On Premise posé sur du IaaS avec de la maintenance » a ironisé Christophe Negrier. Il ajoute : « il n’y a plus de valeur à faire du IaaS ». Pour lui, Oracle a toujours construit son offre sur ses efforts technologiques au fil des années, ce qui justifie qu’il opère son offre cloud sur ses propres infrastructures, dans les 44 régions cloud, et pas chez les hyperscalers. Cependant, il reste possible, si le client le préfère, de bénéficier des services cloud d’Oracle, notamment PaaS, opérés par des partenaires. Ceux-ci peuvent alors faire bénéficier les clients concernés de leur savoir-faire propre.

Mais le cloud est loin d’être la panacée. Christophe Negrier a ainsi reconnu : « la majorité des clients n’ont pas transféré tous leurs actifs dans le cloud. La croissance du cloud est surtout tirée par de nouveaux cas d’usages. » Si un client a une infrastructure bien optimisée, une migration cloud en mode « lift & shift » (simple transfert) a une valeur faible (parfois justifiée par une amélioration du PRA/PCA). Le « lift & shift » peut parfois se justifier par l’approche « Moove & improve » : le simple transfert n’est alors qu’une étape intermédiaire avant des améliorations rendues possibles par le transfert. Une fois dans le cloud, par des projets limités dans le temps, des modules peuvent ainsi être progressivement remplacés par des solutions plus modernes, notamment des SaaS. « Le SaaS correspond aussi à la tendance forte au retour au standard car les entreprise ont compris que les sur-personnalisations impliquaient des coûts et des difficultés considérables » a indiqué Christophe Negrier. Le low code est alors une possibilité, complémentaire, en PaaS notamment, pour permettre des micro-développements pour les personnalisations génératrices de valeur pour les entreprises.


Les principales annonces de Cloud World

1 - Lancement d’Oracle Alloy

Cette offre permet aux fournisseurs de cloud du monde entier de proposer les technologies Oracle basés sur OCI (Oracle Cloud Infrastructure), soit une centaine de services. Le PaaS est ainsi opéré par le fournisseur concerné, selon la législation de son pays, en particulier dans les secteurs sensibles (santé, finances, télécommunications…).

2 - Lancement de MySQL HeatWave Lakehouse

Cette base de données cloud a des performances annoncées par l’éditeur pour le moins étonnantes. Oracle revendique ainsi la possibilité de charger 400 To de données à partir d’un stockage objet huit fois plus rapidement que AWS Redshift et 2,7 plus rapidement que Snowflake. Cette base de données peut comporter jusqu’à 512 nœuds et permettrait un requêtage SQL 17 fois plus rapide que Snowflake et 6 fois plus rapide que AWS Redshift sur une base de 400 To. Enfin, de nouvelles fonctionnalités d’automatisation et des optimisations pour l’IA sont apparues dans cette version de MySQL.

3 - HSBC a choisi Oracle

Oracle a annoncé à Cloud World que le groupe bancaire mondial HSBC a adopté Oracle Exadata Cloud@Customer pour optimiser et automatiser la gestion de ses infrastructures.

4 - Partenariat Oracle / Nvidia

OCI (Oracle Cloud Infrastructure) va bénéficier des apports en performance de calcul liés aux nouvelles puces graphiques Nvidia. Les offres Nvidia AI seront également mises à disposition sur OCI.

5 - Amélioration de l’offre base de données et décisionnelle

La famille applicative Oracle Fusion Cloud Applications et les bases de données Oracle Autonomous Database et MySQL HeatWave sont davantage intégrées. De plus, les produits Oracle fusion Analytics et Oracle Analytics Cloud sont dotés de nouvelles fonctionnalités permettant aux équipes métier de bénéficier plus rapidement de suivis d’indicateurs de performance grâce à des bibliothèques de KPI préprogrammées. D’autres produits, notamment Oracle E-Business Suite Accelerator, se voient aussi dotés de rapports, modèles et indicateurs pré-paramétrés.

6 - Lancement d’une offre pour le commerce B2B

Oracle B2B commerce est une nouvelle offre lancée en partenariat avec J.P. Morgan Payments et FedEx. Elle s’appuie sur Oracle Cloud ERP en proposant des fonctionnalités pré-intégrées pour faciliter le commerce B2B, comme l’offre de paiement de J.P. Morgan et une connexion aux services logistiques de FedEx.

7 - Lancement de nouvelles offres dédiées aux établissements de santé

La nouvelle solution de planification financière et opérationnelle dédiée au secteur de la santé est basée sur Oracle Fusion Cloud Enterprise Performance Management. La solution verticalisée dédiée à l’amélioration de l’expérience patients et employés des établissements de santé est construite sur Oracle Fusion Cloud Human Capital Management (HCM). Une offre logistique a été construite sur Oracle Fusion Cloud Supply Chain & Manufacturing.

8 - Promotion de la plate-forme d’applications

Pour développer les usages autour d’Oracle Fusion Cloud Applications, Oracle a remis en avant son offre Oracle Applications Platform comprenant notamment Redwood UX Building Blocks (modules assemblés en low code).

9 - Lancement d’une offre dédiée au recrutement

L’offre Oracle Fusion Cloud HCM se voit dotée d’un module Oracle Recruiting Booster pour gérer les journées de recrutement, la communication avec les candidats, la gestion des entretiens, etc.

10 - Lancement d’une offre dédiée aux industries

Pour aider les entreprises industrielles à prévoir les temps d’arrêts, un module Asset-Based Service for High Tech and Manufacturing a été ajouté à Oracle Cloud Fusion Supply Chain.

11 - Nouvelle version de la base de données

N’oublions pas l’origine d’Oracle ! L’éditeur a donc annoncé une nouvelle version de son produit historique, la base de données Oracle Database, la 23c (pour l’instant en béta). Cette version vise à faciliter le développement applicatif sécurisé grâce à un grand nombre de nouvelles fonctionnalités.

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