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La RSE concerne aussi l’ERP !

Par Bertrand Lemaire | Le | Applicatif métier

En amont de la Convention USF (Utilisateurs SAP Francophones) de Lyon, Gianmaria Perancin, président de l’association, revient sur l’actualité de l’écosystème SAP.

Gianmaria Perancin, de l’USF, insiste sur la responsabilité des acteurs du numérique dans la RSE. - © USF
Gianmaria Perancin, de l’USF, insiste sur la responsabilité des acteurs du numérique dans la RSE. - © USF

Pour commencer, pouvez-vous nous présenter l’USF ?

Gianmaria Perancin : L’association des Utilisateurs SAP Francophones réunit 450 entreprises (dont 75 % du CAC 40) en France et Suisse romande (et quelques autres pays) soit 3500 personnes physiques autour de toutes les solutions SAP, pas seulement l’ERP. L’association est animée par une équipe de six permanents salariés et d’une soixantaine de bénévoles. Nos objectifs sont d’éduquer (comprendre et faire comprendre l’offre SAP au sens large : solutions et services), de réfléchir (mesurer les impacts de SAP sur nos entreprises) et partager (nos expériences, bonnes ou mauvaises, avec SAP) pour influencer l’éditeur afin qu’il réponde au mieux aux attentes des utilisateurs.

Nous sommes - rappelons-le - totalement indépendants de l’éditeur et nous organisons chaque année le principal événement de l’écosystème SAP en France, la Convention USF. Cette année, nous avons 2600 visiteurs inscrits sur les deux jours, 75 ateliers de partages d’expériences, 6 conférences et 101 partenaires présents dans l’espace d’exposition.

Le thème de la Convention de cette année est « le numérique responsable, tous acteurs ». Si chacun doit être concerné par la question, en quoi les utilisateurs de SAP sont-ils spécifiquement concernés par un tel sujet ?

Quand on parle de « numérique responsable », on pense d’abord à l’impact climatique. Environ 3,5 % du CO² au monde est généré par le numérique et nous avons donc une responsabilité à assumer. Il s’agit donc d’adopter la sobriété numérique : consommer moins de ressources (de matières comme d’énergie) pour assurer un service identique ou croissant et générer toujours plus de valeur business. Nous pouvons observer que les exigences en matière d’impact environnemental sont de plus en plus présentes dans les appels d’offres publics comme privés. Pour ce qui concerne spécifiquement SAP, il s’agit bien sûr de pousser l’éditeur à optimiser son code en termes de consommation de ressources (calcul, mémoire…) et à certifier « green » les infrastructures utilisées pour ses prestations en mode cloud.

« Pour nous, il est essentiel que le numérique contribue à créer un monde meilleur. »

Mais le « numérique responsable » comprend également, pour nous, deux autres thématiques qu’il ne faut pas négliger. La première est de permettre le retour à l’emploi de personnes qui en sont exclues : migrants qualifiés, personnes devant vivre une reconversion professionnelle, etc. A ce titre, le plan de formation de consultants SAP (on va y revenir) a un rôle à jouer.

Et puis le numérique doit aussi répondre aux attentes du public handicapé. Par exemple, sur 66 millions de Français, il y a environ deux millions de déficients visuels et cinq millions d’handicapés auditifs. Et il ne faut pas oublier toutes les personnes (âgées ou non) qui ont du mal à utiliser le numérique alors même qu’on les oblige de plus en plus à réaliser les démarches en ligne au quotidien. Les interfaces utilisateurs doivent en tenir compte.

Pour nous, il est essentiel que le numérique contribue à créer un monde meilleur.

Malgré des périodes tendues dans le passé et les récentes turbulences dans l’organisation de SAP France, vos relations sont-elles aujourd’hui apaisées avec SAP ?

Comme vous le savez, la confiance se construit avec le temps. Et, oui, de ce fait, les changements récurrents de gouvernance chez SAP France ont été perturbants même si Gérald Karsenti (PDG SAP France) a beaucoup œuvré pour maintenir une certaine stabilité dans nos relations.

Olivier Nollent (Managing Director de SAP France) a été nommé en juillet 2022 et, lorsque nous l’avons rencontré, il nous a semblé ouvert et transparent. Nous avons eu plaisir à échanger avec lui. J’ai donc l’espoir d’une relation de qualité et, je l’espère, dans la durée.

Durant la période sans managing director en France, l’intérim a été assuré par Ryan Poggi, qui reportait au président de la région EMEA North de SAP, Rohit Nagarajam. Mais j’ai eu, à ce moment-là, plus de contacts avec Gérald Karsenti et Christian Klein (PDG de SAP). Or, à cette occasion, nous avons pu constater que le rôle de la région (EMEA North pour la France) était plus important que nous ne le pensions. Si nous avons eu finalement quelques échanges avec Rohit Nagarajam, clairement, il faut que nous développions ce niveau de dialogue.

L’un de nos points d’inquiétude est la tendance de SAP à faire héberger ses prestations cloud chez les hyperscalers américains

L’un de nos points d’inquiétude, actuellement, est la tendance de SAP à faire héberger ses prestations cloud chez les hyperscalers américains au lieu de ses propres datacenters ou de datacenters européens.

Enfin, qu’en est-il du plan de recrutement et de formation de 3000 consultants sur trois ans ?

Le plan SAP 3000 en France s’insère dans un plan mondial. A ma connaissance, ce plan est maintenu. Le 19 octobre 2022, je vais d’ailleurs intervenir avec Gérald Karsenti auprès d’entreprises de services intéressées par la participation à ce plan.

Il faut être conscient que si les consultants sont rares, ils seront chers. Et s’ils sont trop chers, l’équilibre économique d’une migration vers SAP S/4 Hana serait menacé, le coût pouvant être moins équilibré par la valeur produite. Or nous pensons qu’il y a un vrai intérêt à effectuer cette migration.

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